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"Regards sur l'intervention en violence conjugale au Québec : chemins parcourus et défis à relever"
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Les conséquences de la violence

Quelle que soit la forme de violence utilisée (physique, psychologique, sexuelle, économique, manipulation, contrôle, etc.), celle-ci entraîne toujours des conséquences négatives sur la victime :

  • La crainte de voir la situation se reproduire incite inévitablement la personne à se protéger, et à créer une distance avec l'individu violent, sinon physique, du moins émotionnelle.
  • La colère exprimée par la personne lésée est souvent une réponse émotionnelle normale de refuser d’être injustement traité et de se faire respecter.
  • La violence porte atteinte à l’estime de soi, à la confiance en soi, et peut amener la victime à croire qu'elle mérite d'être violentée.

Parce qu’elle engendre inévitablement des sentiments de peur, de peine, de culpabilité, de honte ou de révolte, la violence porte toujours atteinte aux personnes et aux relations, et d'autant plus lorsqu'il s'agit de personnes proches.


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La violence dans l’intimité

La question de la violence exercée contre l'entourage le plus cher d'une personne peut paraître contradictoire : elle s'appuie sur des mécanismes parfois complexes :

  • La crainte de perdre une personne importante peut par exemple générer de la violence, mécanisme de défense appréhendé pour répondre à ces peurs et mettre fin aux menaces, même si ces appréhensions ne sont pas fondées dans la réalité.
  • Le contexte d’intimité, en soi, peut constituer une menace pour chaque membre du couple, la proximité de l’autre amenant à dévoiler des aspects de soi qui ne sont pas toujours valorisants. En réaction de défense, il peut arriver que quelqu'un refuse de se rapprocher émotionnellement de l'autre, et que l'autre désirant plus de proximité, il perçoive ses demandes comme des menaces et y réponde parfois de façon violente.
  • Des sentiments de jalousie et une possessivité malsaine peuvent être générés par un manque de confiance de l'individu en lui-même, qui l'amène à douter du fait que l'autre puisse vraiment l'aimer. Cette insécurité intérieure et ses conséquences briment donc l’autre dans sa liberté et l’éloignent paradoxalement de l'individu jaloux.
  • La violence peut aussi naître de l'impression que l'autre ne prend pas soin de son conjoint comme il a le "devoir" de le faire.
  • L'homme peut également se camper dans un rôle dominant par rapport à sa femme, par conviction culturelle ou religieuse, parce qu'il reproduit un modèle paternel dysfonctionnel, ou parce qu'il veut éviter de se retrouver en position inverse de soumission et de vulnérabilité.

Quel que soit le but recherché, la violence et le contrôle ne peuvent qu’éloigner l’autre, nourrir chez elle une méfiance qui ultimement peut briser la relation. En bout de ligne, c'est souvent le contraire de ce qui est recherché qui est obtenu.
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